中国制造 // collectif MOTEL HÉLÈNE collective // Frédérique Laliberté & Philippe Lauzier

FR

Présentée au Xiang Xishi Center for contemporary art . Xi’an, Chine
dans le cadre de l’échange Québec-Xi’an en partenariat avec Le Lieu et Avatar

Il nous parvient une curieuse observation : sans avoir jamais mis les pieds en Chine, nous touchions, mangions, regardions, utilisions et portions des choses qui en proviennent. Nous cohabitons avec ces items fabriqués en Chine — objets migratoires, internationaux — que nous connaissons, dont nous nous servons. À travers ce processus ordinaire et quotidien, il est rarement souligné que l’endroit d’où ces objets arrivent nous est complètement étranger. Nous ne le connaissons pas. Mais qu’est-ce que vraiment connaître un endroit ? Dans nos projets se trouve une préoccupation récurrente, celle de générer une abstraction d’un lieu par une reproduction non-représentative. Notre travail cherche à reconstruire un endroit — dans une video, une performance ou une installation — jusqu’à ce qu’il devienne un nouveau lieu, un espace inventé. Ici, nous avons découvert de petites parties de Xi’an à travers l’errance et la lenteur. Notre attention s’est focalisée, considérant soigneusement la présence des choses dans leurs manifestations les plus particulières. Comment ces objets se comportent-ils dans et hors de leur contexte? Comment témoignent-ils du processus de construction qu’ils ont tous connu? Les objets que nous avons observés sont sonores, comestibles, oubliés, imposants, bidimensionnels, gestuels. Acteurs du lieu, ils ont été filmés et enregistrés là où nous les avons trouvés, dans des compositions énigmatiques. Loin d’une méthode documentaire ou d’une illustration explicite, nous avons essayé de dégager les vibrations abstraites de ces objets, pour alimenter leur mystère. Dans la galerie, notre processus prend la forme d’un collage interdisciplinaire dans lequel les assemblages vidéo et sculpturaux s’agencent avec un environnement sonore composite afin de suggérer une ambiance globale un peu bizarre. Ce projet s’inscrit dans la continuité de nos travaux sur l’influence indirecte d’un lieu, l’interprétation onirique d’une situation locale et la contemplation d’une étrangeté qui émerge aux extrémités du réalisme.

traduction du titre : Fait en Chine

EN

Presented at the Xiang Xishi Center for contemporary art . Xi’an, China
as part of the Quebec-Xi’an Exchange in collaboration with Le Lieu and Avatar

Here comes a curious observation: without ever having set foot in China, we touched, ate, looked, used and carried things that come from there. We cohabit with these items which are made in China — migratory, international objects — we know them and utilize them. Through this ordinary process, it is rarely emphasized that the place from which these objects arrive is completely foreign to us. We do not know it. But what does knowing a place really means? In our practice lies a recurring concern, that of generating an abstraction of a place through non-representative reproduction. Our work seeks to reconstruct a place until it becomes a new place, an invented space. Here, we discovered small parts of Xi’an through wandering and slowness. Our attention was focussed: carefully considering the presence of things in their most peculiar manifestations. How do these objects behave in and out of their context? How do they provide evidence of the building process they all have been through? The objects which we have observed were audible, edible, forgotten, imposing, bidimentional, gestural. Actors of the place, they were filmed and recorded where they were found, in enigmatic compositions. Far from a documentary method or an explicit illustration, we have tried to release the abstract vibrations of these objects, to fuel their mystery. In the gallery, our process takes the form of an interdisciplinary collage in which video and sculptural assemblages coact with a composite sound environment in order to suggest a twisted overall mood. This project is the continuity of our reflexion on the indirect influence of a place, on the dreamlike interpretation of a local situation and on the contemplation of a strangeness that emerges at the edges of realism.

title translation: Made in China

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SEPT OBJETS // collectif MOTEL HÉLÈNE collective // Frédérique Laliberté & Philippe Lauzier

FR

Présenté au Centre d'art Jacques et Michel Auger en collaboration avec le Festival international de musique actuelle de Victoriaville 2018,

avec les voix d'Erika Angell et Alexandre St-Onge

Dans une salle sombre, un dispositif d’éclairage artisanal anime une sélection d’objets confectionnés, transformés. Une trame sonore composée de voix humaines récitant un texte est appuyée d’échantillons électroniques, instrumentaux et vocaux ainsi que de sons produits par certains des objets. Tantôt narratif, abstrait, surréaliste, le texte fait référence aux objets mis en scène en spéculant sur leur présence, leur signification, leur conséquence dans le monde. Cette boucle d’information, incessante, immersive et décallée, procure un contexte aux sept objets. Cet endroit est une illusion. Il s’y déroule une activité sous-jacente qui se matérialise ici sous forme de théâtre d’objets

EN 


presented at Centre d’art Jacques & Michel Auger
in collaboration with the Festival international de musique actuelle de Victoriaville

with Erika Angell and Alexandre St-Onge’s voices

In a dark room, a crafted lighting device animates a selection of handmade, transformed objects. A soundtrack, consisting of human voices reciting a text, is enhanced by electronic, instrumental and vocal samples as well as sounds produced by some of the objects. At times narrative, abstract, surreal, the text refers to the staged objects by speculating on their presence, their significance, their consequence in the world. This loop of information, incessant, immersive and offbeat, provides context for the seven objects. This place is an illusion. There, some underlying activity is taking place, materializing here as a theater of objects.

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Bleu Pénombre (film - extrait/excerpts) // collectif MOTEL HÉLÈNE collective // Frédérique Laliberté & Philippe Lauzier

FR


Créée lors d’une résidence dans un environnement naturel domestiqué, BLEU PÉNOMBRE est initialement une installation multimédia éphémère constituée de morceaux de paysage audio et visuels collectés dans le Parc du Bic. Des objets trouvés, des matières indigènes et des séquences vidéo sont accumulés puis intégrés, au gré d’un processus d’assemblage spontané, à un diorama de papier sculpté, de projections et d’écrans artisanaux. L’environnement recomposé est accompagné d’une conception sonore élaborée à partir échantillons enregistrés dans le Parc. Dans un deuxième temps, cette mise en scène évolutive est filmée en gros plan et à nouveau reconstruite sous la forme d’une vidéo contemplative assortie à une composition musicale multipiste. Dans ces interprétations, on observe un paysage fabriqué, séducteur, où séjournent des diversions plastiques, des additions instrumentales, des décalages virtuels, des humains errants. Une tension s’installe entre l’attrait du sauvage et son évidente absence de ce lieu inventé qui d’emblée, en s’affirmant en tant que « paysage », implique la présence d’un regard indiscret.

EN


Created during a residency in a domesticated natural environment, initially BLEU PÉNOMBRE is an ephemeral multimedia installation made from audiovisual fragments of landscape collected in Parc du Bic. Found objects, indigenous matters and video sequences are accumulated and then integrated, through a spontanous assemblage process, to a sculpted paper, projections and artisanal screens diorama. The recomposed environment is accompanied by a soundtrack elaborated from samples recorded in the Parc. Secondly, this evolutive scenery is filmed in close-up and once again reconstructed in the form of a contemplative video matched with a multitrack musical composition. In these interpretations, a fabricated, seductive landscape can be observed, where plastic diversions, instrumental additions, virtual gaps and wandering humans coexist. A tension settles between the attraction of the wild and its clear absence from this invented place which, at once, affirming itself as « landscape », implicates the presence of an indiscreet gaze.

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LE PARC EST DANS LA BOÎTE // collectif MOTEL HÉLÈNE collective

Created and first presented in 2015 at Apo-33, Nantes, France

Presented at Mois Multi in 2016, Quebec City, Canada

 

LE PARC EST DANS LA BOÎTE is both a performance that generates an installation and an installation that brings about a performance. The performance consists of the step-by-step construction of a complex display made of many objects, furniture, analog and digital devices. At the outset of the evening, the room is almost empty, inanimate. In a given time, following a rigorous scenario, the two performers activate the whole setup of a multimedia installation, including sound, video, kinematic and noisy mechanisms, lights. One can witness a playground that unfolds and starts feeding itself from its own ouputs. The result of this series of actions stays in place and becomes an exhibition that  keeps revealing bits and pieces of what happened.

 

 

Créé et présenté une première fois en 2015 à Apo-33, Nantes, France

Présenté lors du Mois Multi 2016, à Québec, Canada

 

LE PARC EST DANS LA BOÎTE est à la fois une performance qui génère une installation et une installation qui occasionne une performance. La performance consiste en l'étalage graduel de plusieurs dispositifs et mobiliers installatifs, la construction étape par étape d'un setup complexe incluant du son, de la vidéo, des mécanismes cinétiques et bruitistes, des sculptures artisanales, des éclairages. Au début de la soirée, la salle est presque vide, inanimée. En un temps donné, au gré d’un scénario rigoureux, les deux performeurs actionnent toute la mise en scène d'une installation. On assiste à un terrain de jeux qui se déballe, s’auto-alimente et se court-circuite. Le capharnaüm intelligible qui résulte de cette série d’actions reste en place et devient une exposition qui continue de révéler des bribes de se qui s’est passé.